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Photo_Delors_actu_1Dans le cadre d’un dossier du magazine Union Sociale consacré à l’Europe sociale et solidaire, l’Uniopss a souhaité rencontrer Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne et fondateur du Think tank « Notre Europe ».

 

Selon Jacques Delors, l’économie sociale et solidaire (ESS) est une notion assez large qui correspond aux esprits de notre temps, aux initiatives prises depuis deux siècles et celles sans doute marquées par les évènements de mai 1968. « Certains ont estimé, et estiment encore aujourd’hui, que l’économie de marché a ses limites et qu’il faut garder de la place pour une économie dont les motivations sont plus tournées vers l’épanouissement de chaque personne. »

 

Bien sûr, l’ESS est entendue différemment dans les pays du Nord où la pratique de la coopérative reste plus répandue et sans doute mieux comprise qu’en France. Dans les pays du Sud, les expériences sont un peu différentes mais il existe des initiatives solidaires très réussies en Espagne et en Italie notamment.

 

M. Delors précise qu’en situation de crise comme celle que nous traversons actuellement, l’ESS n’est pas simplement un secteur témoin. Il met en cause l’économie de marché. « Par exemple en ce moment, certains affirment encore qu’il faut licencier plus facilement pour que l’économie aille mieux. Moi je leur réponds qu’il faudrait peut-être que l’insertion des travailleurs soit elle aussi facilitée. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Economie sociale et solidaire et logique de marché doivent apprendre à coexister. »

 

Selon l’ancien ministre, en quelques décennies, le monde associatif est passé d’une attitude de militantisme à un dynamisme de propositions. « Ces nouvelles structures prennent en compte ce que, ni l’économie de marché, ni l’économie publique, n’arrivent à appréhender, toute en proposant des réponses économique viables et complètes par leurs valeurs d’innovations. Elles doivent avoir toute leur place dans notre société à la recherche d’un monde de développement plus soucieux de l’Homme et plus respectueux de la nature. »

 

Voir et écouter Jacques Delors

 

 

Visuel_femmesDans le cadre de sa plateforme présidentielle, l’Uniopss a voulu réfléchir sur la place des associations dans la démocratie. Alors que les corps intermédiaires ont fait l’objet d’attaques répétées durant la campagne présidentielle, Edith Arnoult-Brill, vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental et Clotilde Druelle-Korn, Maître de Conférences en Histoire contemporaine à l’Université de Limoges, débattent sur cette épineuse question.

 

Selon Clotilde Druelle-Korn, il est difficile de parler de vraie crise de la représentation même si les Français ont parfois l’impression que les représentants se déchargent des questions complexes sur des techniciens et leur confisquent certains éléments du débat. Un autre élément de la défiance est le rapport à la langue et notamment la pratique de la langue de bois. Détourner la réalité par les mots devient insupportable et fait incontestablement douter de l’engagement des élus. La faiblesse du choix électoral est également en cause. Parfois, les électeurs ont le sentiment de devoir voter pour tel ou tel sans avoir la possibilité d’exprimer leur vraie conviction.

 

Une vision que partage Edith Arnoult-Brill. « La classe politique n’est sans doute pas assez représentative de la diversité sociale. On peut également ajouter le critère d’efficacité. En effet depuis dix ou quinze ans, le traitement durable des difficultés profondes des Français, comme le chômage, montre ses limites. Cette forme d’incapacité à traiter des questions essentielles pour les citoyens installe une certaine méfiance et fragilise sans doute la démocratie représentative. »

 

Mme Arnoult-Brill précise quand même que face à ces différents constats, de nouvelles formes d’engagement citoyen se mettent en place et œuvrent à la transformation de la société à laquelle les Français croient encore. « En dépit de tout ce que l’on peut dire sur l’état de la démocratie représentative, le monde bouge, les citoyens se mobilisent, multiplient les échanges au travers des réseaux sociaux. »

 

Dans ce contexte, les associations ont évidemment un rôle à jouer mais doivent bénéficier d’une véritable reconnaissance. « Pour devenir des interlocuteurs crédibles, elles doivent être organisées. Même si des progrès ont été récemment accomplis au travers notamment de l’élaboration de critères de représentativité, il s’agit selon moi d’un des principaux défis du monde associatif et le passage obligé pour faire vivre le dialogue civil », conclut la vice-présidente du Conseil économique et social.

 

Voir et écouter les éléments du débat

 

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Ils ont signé

GAVANON Sebastien, Ingénieur
WALLON LEDUCQ Quentin, Réalisateur
JASPART Guillaume, Acteur

JANBON Antoine, Journaliste

TANGUY Yann, Juriste

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